Agoraé

Un engagement quotidien pour lutter contre la précarité étudiante

La précarité étudiante

Le constat d'une situation qui s'aggrave

Si aujourd’hui la précarité des étudiant·e·s est un sujet qui ne fait plus controverse, il n’en a pas toujours été ainsi. En 2011, Le Monde titrait « Lutter contre la paupérisation des étudiants est un sujet tabou » et proposait un entretien avec Philippe Loup, alors Président de la FAGE, qui visait à présenter le projet AGORAÉ et sensibiliser l’opinion publique à la précarité grandissante des étudiant·e·s.

Depuis le constat n’a pas évolué et s’est même accentué. Ainsi, un rapport de l’IGAS du 26 janvier 2015 relève qu’entre 2011 et 2012 le taux de pauvreté des étudiant·e·s a augmenté. Ce dernier est passé de 18,9 % à 19,1 %. Si cette hausse peut sembler anecdotique, il est néanmoins à noter que seuls les étudiant·e·s, les familles monoparentales et les mineurs voient leur taux de pauvreté augmenter

La précarité est une réalité de plus en plus présente chez les étudiant·e·s. On sait qu’un·e sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. De plus, l’enquête OVE de 2016 insiste sur le fait que 46 % des étudiant·e·s déclarent rencontrer des difficultés financières. Ces difficultés apparaissent dès le début de l’année scolaire avec un coût de la rentrée qui ne cesse d’augmenter. Selon l’indicateur réalisé par la FAGE, ce dernier a augmenté de plus de 10 % en 10 ans.
En 2017, le coût de la rentrée pour un·e étudiant·e est de 2403,64 €.

Face à cette situation, le recours excessif au salariat se normalise au détriment des études. Ainsi selon l’OVE en 2016, 46 % des étudiant·e·s exercent une activité rémunérée pendant l’année universitaire et parmi eux 19 % exercent une activité concurrente ou très concurrente
des études.

Des solutions innovantes

Les AGORAÉ : une réponse plurielle à la précarité étudiante

La FAGE a pour mission de défendre les droits des étudiant·e·s et de témoigner de leur vécu quotidien. A travers le projet AGORAÉ, réponse innovante à la précarité étudiante, elle contribue à l’égalité des chances de réussite et favorise la réussite des jeunes. Concrètement, les AGORAÉ sont des lieux d’échanges et de solidarité, non stigmatisants, gérés par les étudiants et pour les étudiants.

Complémentaire aux solutions existantes, le projet AGORAÉ (pour agora étudiante) a pour objectif de :

  • permettre aux étudiant·e·s de dégager plus de temps pour les études, les loisirs et les projets, en réduisant le salariat subi ;
  • accéder à une alimentation saine, équilibrée grâce à l’épicerie solidaire, accessible sur critères sociaux.
  • créer un espace de vie et d’échange ouvert à toutes et tous

AGORAÉ est ainsi :

  • un vecteur de réussite universitaire, synonyme d’insertion professionnelle des jeunes.
  • un projet d’innovation sociale inscrit dans le champ de l’économie sociale et solidaire. Il apporte une réponse de proximité à un besoin réel identifié.

Son mode de fonctionnement, plaçant les étudiant·e·s au centre du projet et la mobilisation des partenaires permettent de faire coopérer de nombreux acteurs de la société : les universités, les pouvoirs publics, les fournisseurs, les mécènes et entreprises, etc.

La première AGORAÉ a ouvert à Lyon en 2011. Aujourd’hui, la FAGE compte 15 AGORAÉ réparties dans les campus de France.

Les AGORAÉ sont gérées au niveau local par les étudiant·e·s réuni·e·s au sein d’associations. Elles bénéficient de l’appui de volontaires en mission de service civique. Elles sont accompagnées par le bureau national et l’équipe salariale de la FAGE.

Les AGORAÉ: une réponse plurielle à la précarité étudiante

L’épicerie solidaire
Le lieu de vie Les AGORAÉ se composent notamment d’une partie épicerie solidaire. Ce réseau d’épiceries solidaires a pour objectif de permettre aux étudiant·e·s en difficulté d’accéder à des produits à la fois variés et de bonne qualité à prix réduits (entre 10 et 20 % du prix usuel), tout en favorisant leur insertion sociale et économique et leur autonomie. Les AGORAÉ apportent une aide, notamment alimentaire, à des étudiant·e·s en difficulté financière. En proposant aux étudiant·e·s d’accéder à une alimentation saine et équilibrée à moindre coût, ceux-ci peuvent se concentrer pleinement à la réussite de leurs études, sans être obligé·e·s d’avoir recours à un salariat subi.

Le lieu de vie

Mais les AGORAÉ se définissent aussi par un lieu de vie. Leur objectif est de proposer un lieu agréable et accueillant pour tout étudiant·e en recherche d’information, de conseil ou simplement d’un peu de convivialité. Les AGORAÉ entendent ainsi : 

  • renforcer la création de lien social entre jeunes. Les AGORAÉ sont des lieux de vie et d’échanges à destination de tou·te·s les étudiant·e·s. Les AGORAÉ proposent des ateliers pour animer le lieu de vie tout en sensibilisant et en informant les étudiant·e·s sur différents sujets, notamment en matière de prévention des comportements à risques et de promotion du bien-être. Ces ateliers vont des cours collectifs de cuisine à des vide-dressing, des soirées consacrées aux jeux de société, des temps de sensibilisation à la gestion budgétaire, des jeux d’éducation à la sexualité (IST / Sida, contraception), ou encore des distributions de paniers de fruits et de légumes provenant de circuits courts et à moindre coût. 
  • favoriser l’accès aux droits (aide administrative, défense en cas de litige etc.) Les AGORAÉ sont aussi un centre d’information à destination des étudiants. Elles permettent aux personnes d’être mieux informées, orientées, accompagnées, qu’il s’agisse de l’accès aux droits, aux soins, au logement, ou encore d’une aide administrative.
  •  développer l’accès à la culture, aux loisirs et au départ en vacances. Les loisirs deviennent, pour un nombre important d’étudiant·e·s, un luxe qu’ils ne peuvent plus se permettre compte tenu du fait qu’ils parviennent difficilement à répondre à leurs besoins de première nécessité. Or ces temps de détente, de lien social, de rupture avec un quotidien parfois difficile à gérer, sont indispensables pour leur bien-être. Les AGORAÉ développent donc des partenariats avec les services universitaires concernés, les associations sportives ou culturelles, les cinémas, les lieux de vie artistiques (théâtres, opéras, monuments …) pour proposer à tou·te·s les étudiant·e·s des tarifs préférentiels ou la gratuité. 
  • promouvoir l’accès à l’engagement. Plus qu’un simple projet de solidarité à vocation sociale, les AGORAÉ sont destinées à devenir des pépinières citoyennes dans lesquelles chaque étudiant·e, peu importe sa situation scolaire, sociale et familiale, pourra s’exprimer, développer sa conscience citoyenne et son implication dans des projets novateurs.

L'engagement des bénévoles et des volontaires en service civique

Les bénévoles étudiants

Les AGORAÉ calquent leur fonctionnement sur le principe de solidarité par les pairs, c’est-à-dire par et pour les étudiant·e·s. Du fait de la durée des études, les étudiant·e·s engagés au sein des AGORAÉ se renouvellent très régulièrement. Les AGORAÉ sont donc devenues des terrains d’éducation populaire, à l’image du réseau de la FAGE, tant dans les discours que dans les actes. En effet, les étudiant·e·s qui participent à la vie des AGORAÉ sont mis en situation de responsabilité et se transmettent des connaissances et des compétences, notamment par l’activité et l’animation du lieu de vie. La FAGE, ses fédérations ainsi que ses partenaires organisent en parallèle des formations à destination des bénévoles et des volontaires en mission de service civique sur la gestion des épiceries et l’accueil des bénéficiaires.

Les ateliers de formation

Les sessions de formation, mises en place au niveau local et national, permettent aux porteurs de projet d’acquérir une base de connaissances et de savoir-faire commune. Les animateurs et animatrices apportent une base pratique et théorique nécessaire à la professionnalisation et la montée en compétence des porteurs de projet. Les temps d’échange et les ateliers pratiques qui y sont aussi organisés favorisent par ailleurs le partage du vécu et d’expériences. De la même manière que les échanges entre les « anciens » et les « nouveaux » sont essentiels, le fait de faire participer des étudiant·e·s provenant d’AGORAÉ ouvertes et des AGORAÉ venant des quatre coins de la France et ayant chacune des projets propres, est
fondamental afin de pouvoir toujours améliorer la qualité du service offert par le réseau des AGORAÉ, et ce dès leur ouverture.

Les volontaires en service civique 

La FAGE a souhaité faire appel à cette forme de volontariat dans le cadre de sa démarche de promotion de l’engagement ; il s’agit de faire participer des jeunes à une mission d’intérêt général et collective. Aussi les volontaires en service civique participent à l’accueil et à l’accompagnement des bénéficiaires, ils animent le lieu de vie avec les étudiant·e·s. La diversité des profils et la motivation des volontaires en service civique permettent d’enrichir le projet. Depuis le lancement des AGORAÉ, la FAGE a accueilli, formé et accompagné plus d’une centaine de jeunes en service civique.

Le réseau AGORAÉ

Chiffres clés du projet

Le plan d'essaimage

Compte-tenu des besoins sociaux mal satisfaits dans les conditions actuelles, le projet AGORAÉ a atteint un stade crucial de son développement. Il s’agit désormais d’envisager un déploiement territorial majeur et d’enrichir son offre de services à destination des étudiant·e·s.

En août 2016, le projet AGORAÉ est devenu lauréat du programme présidentiel La France s’engage. Cela a permis au projet d’accéder, outre un soutien accru de l’Etat, a une large visibilité auprès du grand public.

Par la suite, un diagnostic stratégique a été réalisé par l’ADASI (Association pour le Développement de l’accompagnement à la Stratégie et à l’Innovation des projets d’intérêt général). Ce diagnostic a permis de mettre en évidence les objectifs et les enjeux du plan d’essaimage. Ce travail de réflexion est complété tout au long de l’année 2017-2018 par PIN’S, un programme d’accompagnement proposé par l’AVISE et la Fondation Macif.

Dans cette logique d’essaimage, un appel à projet est lancé par la FAGE. Cet appel à projet ouvert jusqu’au 31 janvier 2018 (session 1) et jusqu’au 31 octobre 2018 (session 2) s’adresse :

  • à toutes les associations étudiantes souhaitant être accompagnées dans l’ouverture d’une AGORAÉ sur leur campus ;
  • aux épiceries solidaires étudiantes déjà ouvertes souhaitant faire partie du réseau et ainsi bénéficier des services proposés.

A l’issue d’une période d’appui méthodologique et de suivi, les associations lauréates feront labeliser leur épicerie solidaire étudiante AGORAÉ.
D’ici la fin de l’année 2020, la FAGE entend ouvrir 30 AGORAÉ sur l’ensemble du territoire pour continuer à aider un maximum d’étudiant·e·s dans la réussite de leurs études.

Les partenaires du projet